« Le barbier m’a mis entre les mains un large et magnifique plat échancré en cuivre travaillé qu’il m’invite à tenir sous mon menton. Il promène sur mon épiderme sa fine lame de Sheffield. Le jeu moelleux de ses doigts agiles donnent l’illusion d’une caresse. Le figaro noir m’a saisi la tête entre ses deux mains, il me couche de coté, ma joue sur son genou, et il racle avec conscience la partie de ma figure qui regarde le plafond, un peu à la façon des tanneurs qui pèlent une peau de mouton. »
Léo
Claretie
Feuilles de route en Tunisie, 1893